Du moine au hippie...

Publié le par PH'ART

Pourquoi donc préférons-nous acheter un produit monastique à la boutique même de l'abbaye qui le produit ? Est-ce seulement pour sa qualité ? Certainement pas, car la plupart des produits de qualité proposés à la vente dans une abbaye le sont aussi dans certains supermarchés et presque toujours dans les échoppes traditionnelles... il y a autre chose !

Les distributeurs laïcs, notamment ceux de la grande distribution, auraient depuis longtemps boosté la vente des produits monastiques en organisant dans les rayons des animations commerciales à thème s'il suffisait de créer un décor abbatial miniature et de déguiser un vendeur en moine pour s'accaparer les clients des boutiques monastiques.

En vérité, le besoin existentiel que l'on cherche à combler à la boutique d'une abbaye est d'abord d'ordre spirituel. C'est de l'authenticité de l'ambiance monastique que le client vient s'imprégner quand il visite une abbaye ; le savon, le paquet de biscuit, l'objet artisanal, le livre ou l'oeuvre d'art qu'il achète a primordialement une fonction transitionnelle.

Si la boutique de l'abbaye nourrit ses moines, c'est parce que le visiteur cherchent à ramener chez lui un peu de la charge énergético-spirituelle qui l'a temporairement inspiré ; c'est la signification de l'objet qui fait la valeur essentielle de l'objet monastique. 

Du moine au hippie il n'y a qu'un pas spirituel ; les empreintes que laissent ce pas dans la société ne sont qu'une affaire de croyance et d'idéologie. Le moine qui tient la boutique abbatialle ne cherche pas à convertir ses clients laïcs à la vie régulière monastique, il vend juste ses produits pour faire vivre sa "famille" spirituelle.

Le "hip" c'est une ambiance spirituelle ; le "hip" c'est aussi une production matérielle. Pour assumer notre "mission" d'enchantement - Happy Flower- ce n'est pas notre idéologie libertaire que nous devons présenter à la société policée mais les "objets" qui la véhiculent.  

Pas plus que les distributeurs laïcs ne peuvent fabriquer artificiellement l'essence monastique, les colleurs de logos et labels éthiques ne peuvent fabriquer l'essence hippie. C'est donc à nous de porter notre authenticité productive vers la société, de faire de l'animation sociale "hip".

Nous voyons sur le net fleurir des boutiques hippies "Canada Dry" qui ont les couleurs et le goût du "hip" mais ne sont pas inspirées par le "hip". Quoi de plus normal ! Si nous n'assumons pas socialement notre "mission" enchanteuse, alors l'animation commerciale s'en empare par défaut et sert ainsi le mode sociétal de consommation que par ailleurs nous déplorons idéologiquement !  

 

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