Eveillés certes, mais pas Indignés !

Publié le par PH'ART

La mode psycho-sociale est aujourd'hui à l'indignation. En France, du moins, le livre de Stéphane Hessel "Indignez-vous !" édité par Indigène éditions en 2010, devient en quelque sorte la bible ou le "Petit Livre rouge" du mouvement social connu sous l'appelation générique de Les Indignés. Dans son essai d'une trentaine de page, l'auteur prône l'idée que l''indignation est le ferment de la résistance sociale.

Si nous posons les significations des termes "résistance" et "indignation", nous constatons que le premier indique une action, ou plutôt une réaction, contre une situation que quelque chose ou quelqu'un nous impose, et que le second désigne un état de colère justement provoqué par cette situation contraignante.

Si notre Réseau dénonce lui aussi une situation sociale subie, en l'occurence l'esprit collectif désenchanté, et invite à résister contre la mentalité désenchanteuse, il n'a pas pour essence dynamique l'indignation. Bien au contraire, le message que notre Réseau véhicule est fondamentalement aux antipodes de l'état d'esprit indigné !  

Qui a eu l'occasion de rencontrer dans la rue un groupe de militants se revendiquant du mouvement des Indignés a pu constater en effet que, bien que pacifique et relativement pertinent, le ton du message véhiculé est celui de la dénonciation, de la revendication et de la désobéissance civile, autrement dit ce message nous dit "voyez et réagissez !" Le nôtre serait plutôt "voyez et agissez !" en d'autres termes, "ne vous obstinez pas à vous cogner la tête réactivement contre les murs qui vous résistent idéologiquement, mais construisez des "édifices" sociaux  au sein duquel votre tête peut se reposer et retrouver sa pleine santé !

Pourquoi donc vouloir absolument conquérir l'espace social occupé par une idéologie existentielle qui ne nous convient pas ? Pourquoi vouloir absolument conquérir le château de l'âme que nous dénoncons comme hanté ? N'est-il pas plus logique et pertinent de levez le siège et de partir établir notre château spirituel sur un autre terrain de l'espace social ! S'obstiner à être indigné par l'attitude sociale de son prochain, c'est un peu comme l'attitude irraisonnable d'un "amoureux" passionné qui, sentant l'être aimé affectivement lui échapper, l'harcèle en lui repprochant haineusement ses comportements.

Réfléchissons un peu ! comment l'indignation peut-elle participer à construire un monde meilleur à partir de l'instant ou elle puise son essence dynamique dans le fait même d'être en colère ? Être en colère c'est être irrité, frustré, désabusé... désenchanté ! Pourquoi donc ajouter encore du désenchantement au désenchantement ? Avons-nous besoin à chaque fois que nous profitons des "bonnes choses" de la Vie que des rabat-joie s'octroient la liberté de nous rappeler les "mauvaises choses" de la Vie, comme si notre non adhérence immédiate à leur dogme faisait de nous des hérétiques ? Oh blasphème, disent-ils en leur esprit, regardez donc ces mécréants, ils osent admirer le "paysage" alors que le dieu de l'indignation a décrété que ce "paysage" ne méritait pas qu'on l'aime !

Nous l'avons dit ailleurs - Les fruits et le marché de l'Enchantement. - ce n'est pas parce qu'une partie d'un fruit est pourrie que nous ne pouvons pas croquer dans sa partie saine ! Tout comme ce n'est pas parce que nous ne mangerons  pas le contenu de notre assiette qu'il reviendra à l'enfant affamé. Oui, nous pouvons donner à manger à l'enfant affamé, concrétement ; cela c'est une autre histoire économique ; mais en quoi un groupe d'Indignés qui répètent sur une place publique que "le monde va mal" fait plus de "bien" pour le monde que nous qui apprécions à sa juste valeur ce que ce monde peut aussi nous offrir de "bon" ?

On pourrait nous reprocher que notre Réseau s'octroie lui aussi le droit de crier sa volonté d'enchantement à un public qui n'a pas nécessairement envie de l'entendre ; certes oui, mais il suffit alors de quitter ce blog pour sortir de la partie publique du Réseau ; tandis que le cri de l'indignation s'impose comme un droit missionnaire là où l'on ne le cherche pas, ou du moins pas à l'instant ou il s'impose ! Ce cri raisonne dans des espaces enchanteurs comme un fameux slogan de supporters d'équipes sportifs " qui ne saute pas n'est pas..." ; "qui ne s'insurge pas n'est pas responsable ou concient de tel ou tel mal social".

Oui, nous les Eveillés sommes conscients des mêmes situations contre lesquelles vous vous Indignez. Seulement, même si nous pensons sincérement que votre "mission" existentielle a son utilité sociale, nous pensons utile aussi de favoriser la libre jouissance des temps de Vie enchantée et de développer des espaces sociaux entièrement dédiés à l'Enchantement. Nous préférons plutôt une action enchantée et enchanteuse, constructive et positive, qu'une réaction de colère qui ne fait jamais, l'histoire en témoigne, que de rajouter de la colère à la colère jusqu'à que le tout explose, que le renouveau donne l'illusion d'un changement de cap humaniste et puis qu'au final renaisse toujours de ses cendres l'ogre-désenchantement !

C'est que le désenchantement n'est pas une affaire politique, ni une affaire religieuse, mais une affaire spirituelle, une affaire de conscience, d'état d'esprit, de manière d'être et de vouloir. On ne combattra jamais le désenchantement en lui opposant des propos désenchanteurs, au contraire dans ce cas on le nourrit en Force. L'opposé du désenchantement c'est l'enchantement ; c'est en multipliant les "objets" enchanteurs que nous gagnerons de l'espace social. 

Nous devons unir toutes nos forces enchanteuses - Partagez vos ressources.  et ressencer les maillons actifs de notre Réseaux ; ensuite ? et bien ensuite ce ne sera plus qu'une affaire de connectivité, d'économie, de promotion et de protection... autrement dit une affaire commune.  Contact : s.phart@laposte.net

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