L'Art satirique est désenchanteur !

Publié le par PH'ART

Pour se faire une idée de l'état d'esprit qui régnait dans une société à une époque réculée, les archéologues rassemblent et cherchent la parenté entre les divers produits artistiques qu'elle a produits. Si nous devions réaliser cette même étude pour déterminer l'état d'esprit de notre propre époque, nous pourrions constater un point commun à la très grande majorité des produits artistiques qu'elle engendre ; ce point commun est la satire !

 

On définit la satire comme un discours dénonciateur dont l'arme absolue est la moquerie.Talk-shows, émissions de télé-réalité, spectacles humoristiques, publicités, etc témoignent largement de cette tendance satirique ; l'émission " les Guignols de l'info" en est un exemple particulièrement signifiant. Et la satire n'épargne personne y compris les auteurs d'oeuvres existentielles les plus respectables, l'Abbé Pierre, Mère théresa, Nelson Mandela, Nicolat Hulot, etc.

 

Notre propos n'est pas de juger des limites de l'humour - d'ailleurs la satire n'est pas toujours à vocation humoristique - mais bien de l'orientation artistique qui marque notre époque ; d'autant que c'est dans ce genre de production satirique que l'Artiste a le plus de gence d'avoir du succès, donc de vivre décemment de l'art du désenchantement.

 

Sur quel principe essentiel fonctionne aujourd'hui la critique satirique ? Rien de bien subtil, on prend n'importe quelle initiative ou événement qui n'a en soit rien de mauvais et on y introduit suggestivement et arbitrairement l'idée qu'elle cache en fait une intention perverse. Disons directement que le sous-entendu discréditeur porte presque toujours sur le tabou de la lucrativité ! Autrement dit, on admet que telle ou telle personne a fait une bonne oeuvre, une oeuvre enchanteuse dirions-nous, puis on salit cette oeuvre en sous-entendant qu'elle a dû rapporter un "max" d'argent à son auteur.

 

Ainsi, le résonnement présent de l'opinion publique face aux initiatives enchanteuses est celui-ci : tout ça c'est que pour faire de la tune ! Que l'on produise des oeuvres mauvaises, désenchanteuses de Vie, pour gagner de l'argent, ce n'est certes pas moralement virtueux mais après tout c'est relativement normal tant que l'on est pas condamné par la justice ; en revanche, produire de l'enchantement contre rémunération cela est socialement condamnable sans autre procès que celui d'intention !

 

Nous en revenons toujours au même principe que nous dénonçons : l'Eveillé qui oeuvre existentiellement ( l'Artiste donc ) pour enchanter le monde doit nécessairement vivre dans le dénuement matériel (  l'héritage psychique de la vertu de pauvreté prônée par le christianisme institutionnel ). Seulement,  c'est une certitude qu'un Artiste enchanteur "mort de faim" est bien moins productif qu'un désenchanteur bien vivant !

 

Quand nous soutenons la satire qui vise les oeuvres enchanteuses nous entretenons l'art du désenchantement ; par conséquent nous allons à l'encontre de notre espoir d'avénement d'un monde meilleur. Si nous traitons de plouc le petit paysan qui n'élève que quelques chèvres dans le respect de l'environnement ou nous moquons de l'artiste authentique qui n'a qu'un coin de rue comme espace d'expression tandis que nous admirons le train de vie du gros producteur céréalier qui pulvérise des tonnes de pesticides sur la terre ou aplaudissons le grand "artiste" qui dans sa vie quotidienne humilie ses pauvres admirateurs, alors nous méritons notre sort d'enchanteurs incompris !

 

Une fois de plus, pour éviter les malentendus, nous devons répéter que nous ne condamnons pas l'argent comme moyen d'existence matérielle mais le fait que l'argent récompense très largement plus les oeuvres désenchanteuses que celles enchanteuses. Ajoutons aussi que nous considérons que cette inégalité existentielle résulte de notre faute ! Et oui, nous n'avons qu'à "consommer" de préférence nos oeuvres !

 

Les petits réseaux économiques enchanteurs ne manquent pas ; mais chacun se concentre sur sa propre spécificité. Celui là est spécialisé "biogique", celui-ci est axé sur le thérapeutique ou le ludique, l'autre encore est estampillé "commerce équitable" ou solidarité citoyenne, etc.  ; tous ont en commun l'Art d'enchanter le monde. Si tous ces petits réseaux, toute en conservant leur compétences particulières, font converger leurs oeuvres vers un même "grand" Réseau, alors les Eveillés jouiront  d'un véritable pouvoir social !  Contact : s.phart@laposte.net

 

Lien vers un autre article : Le "marché noir" des désenchanteurs.

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