Bien commun = non-lucrativité ?

Publié le par PH'ART

Favoriser la production d'oeuvres témoignant de l'état d'esprit d'Eveil ( enchanteuses ou éthiques ) est-il une vocation d'intérêt général ? Le vocabulaire juridique définit globalement les actions d'intérêt général comme celles qui contribuent au bien public. Qu'est ce que le bien public ? Il s'agit d'un bien ou un service dont l'usage personnel n'empêche pas les autres d'en user. Rien ne s'oppose donc au fait de considérer les produits existentiels des Eveillés comme constituant de l'interêt général ; d'autant plus si nous acceptons "interêt général" en son sens primordial, c'est-à-dire " bien commun".

 

Par "bien commun", on doit entendre toute oeuvre, activité, action, qui vise à contribuer au bien-être individuel ou collectif. Au regard de cette définition, il n'est pas un seul acte Eveillé qui ne participe du bien commun. Pourquoi donc ce petit détours sémantique ? Parce que l'opinion publique, et parmi elle beaucoup d'Eveillés eux-mêmes, associe intérêt général, disons plutôt bien commun, à non-lucrativité. Autrement dit, on considère que les structures dont l'objectif n'est pas le profit oeuvrent systématiquement pour le bien commun et qu'à l'opposé celles qui ont pour but de générer du profit n'y participent pas, ou seulement à des fins marketing inavouées.

 

Nous nous revendiquons publiquement que non seulement notre Réseau social d'Eveillé est à but lucratif mais que de plus cette lucrativité est le carburant nécessaire à sa dynamique objective ! Nous dénonçons la morale d'origine religieuse qui veut que pauvreté rime avec bonté. Selon ce principe métaphysique l'homme qui oeuvre pour le bien commun ( humain et naturel ) doit le faire de manière désintéressée, en d'autres termes l'enchanteur de Vie ne doit vouloir rien souhaiter en retour de son engagement existentiel ; sous-entendu il ne doit pas se faire payer pour ses oeuvres.

 

Cette idéologie morale est tellement ancrée dans l'esprit collectif que l'opinion publique discrédite toute initiative enchanteuse ou éthique financièrement intéressée. Ainsi, idéalement, l'artiste qui propose un spectacle pour enchanter les enfants défavorisés devrait le faire gratuitement ; l'agriculteur qui produit des légumes bio devrait les donner ; le guérisseur qui guérit un eczéma ne devrait compter que sur une rétribution céleste ; l'humanitaire qui distribue des soins aux lépreux devrait le faire par pur désir philantrophique, etc. Quelle hypocrisie !

 

Nous savons tous que, mise à part les rentiers et les "fils à papa" ( rien de péjoratif ici ), la très grande majorité des citoyens ne peuvent très longtemps vivre d'amour et d'eau fraîche ! Nous nous voulons justement des Eveillés qui peuvent vivre décemment de leur oeuvres et donc ainsi pouvoir oeuvrer tout au long de leur vie et pas seulement le temps d'un camp de vacances solidaires ou d'un week-end à thème ! Et puis, si nous suivons logiquement cette morale plaçant le désintéressement comme la plus grande des vertus existentielles, pourquoi ne pas étendre son principe aux médecins, aux plombiers, aux boulangers, aux mécaniciens, aux mandatés politiques, aux producteurs et animateurs d'émissions humanistes ou écologiques... en résumé à tous ceux qui par leurs compétences spécifiques répondent aux besoins de leurs prochains ?

 

Ne soyons pas hypocrites ! L'économie de marché est une donnée originelle de la condition humaine ( quand bien même la monnaie d'échange serait le caillou ! )  ; même le principe de commerce équitable heureusement imaginé par des Eveillés est un mode d'économie de marché. Il est temps que tous  les Eveillés comprennent que ce n'est pas le fait de retirer des profits d'une oeuvre enchanteuse ou éthique qui est chose mauvaise mais ce que l'on fait de ces profits. Utiliser une partie de ses profits pour satisfaire ses besoins primaires est une nécessité vitale ! que l'on soit une personne physique ou une personne morale comme notre Réseau social d'Eveillés.

 

Vaut mieux une structure lucrative vivante et autonome qui travaille authentiquement au bien commun qu'une structure non lucrative alliénée au bon-vouloir de subvensionneurs ou de mécènes faussement désintéressés ! De même, vaut mieux des Eveillés qui peuvent retirer de quoi vivre de leurs projets et s'y consacrer à plein temps que des Eveillés endettés qui à leur temps perdu posent désespérement des pansements  pour tenter de refermer les plaies sociales et environnementales causées par les inconscients qu'ils servent par ailleurs par nécessité alimentaire.

 

Nous ne sommes pas des hypocrites ! La lucrativité est nécessaire au fonctionnement de notre Réseau social d'Eveillés. Le principe avoué de notre Réseau est de retirer des profits de l'exécution des projets portés par ses membres. En retour les porteurs de projets pertinents peuvent alors être rémunérés en qualité de prestataires de services. C'est sur ce principe de partenariat de porteurs de petits projets s'intégrant dynamiquement dans un projet pilote que peut fonctionner l'économie générale du Réseau.

 

Lien vers un autre article du blog : Appel à projets Eveillés !

 

Contact : s.phart@laposte.net

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